À propos

La sagesse du roman est d’avoir question à tout. Le legs du roman européen repose sur cette conviction : préférer un monde de questions à un univers de réponses. Ainsi, les ouvrages dont je me nourris depuis deux décennies m’ont-ils appris à questionner. Une attitude non sans lien avec le journalisme, lequel m’a permis d’endosser les responsabilités de rédactrice en chef des magazines à croquer !, de la journaliste et auteure Julie Andrieu, de Pâtisserie et compagnie, consacré à la pâtisserie, tant celle de grands chefs que d’amateurs passionnés, et de VanTrip, une invitation à voyager autrement, à ralentir. Les nombreuses rencontres réalisées dans le cadre de mes reportages ont peu à peu suscité le désir de me rapprocher de la terre, celle à laquelle les chefs ne manquent jamais de faire référence.

Je dois à la littérature le plaisir du temps long, celui qui nous apprend à prêter l’oreille. À travers ce blog, je souhaite attirer notre attention sur les chefs investis dans l’élaboration d’une cuisine et d’une pâtisserie tournées vers l’avenir, tout en perpétuant les traditions. Ces derniers sont inhérents aux métiers artisanaux et à ceux de la terre pour lesquels j’exprime une affection particulière. Les producteurs jouent un rôle substantiel non seulement auprès des chefs, mais pour l’ensemble de la société, c’est pourquoi il me tient à cœur de comprendre leur travail et de mettre en valeur leurs savoir-faire. À cette évocation me reviennent les mots de l’écrivain Pier Paolo Pasolini, lesquels touchent ma sensibilité au vivant : « Je suis un homme ancien, qui a lu les classiques, qui a récolté les raisins dans la vigne, qui a contemplé le lever ou la chute du soleil sur les champs ».

Ce lien tissé entre la littérature, la terre et la nourriture ne cesse de m’inspirer. J’imagine un équilibre entre la transmission, l’écoute des générations passées et le souci d’imaginer d’autres manières de se rapporter au monde. Éveillée par les livres, la sensibilité au vivant encourage d’autres pratiques et manières de se nourrir. Les écrivains nous offrent ces épiphanies en quelques mots seulement, source d’émerveillement et de réflexion inépuisables : « C’est une grande erreur de croire que vous connaissez le goût des myrtilles si vous ne les avez cueillies vous-même » (Walden, David Thoreau).